Toutes les traditions chamaniques, sibérienne, amérindienne, africaine, européenne préchrétienne, partagent une intuition centrale : il existe une force vitale qui circule à travers tout ce qui est vivant. Pas une métaphore. Une circulation observable pour qui se met en disposition de la percevoir.
Cette force porte des noms différents selon les cultures : prana en Inde, chi ou qi en Chine, mana en Polynésie, wakan chez les Lakota, orenda chez les Iroquois. Le mot change, l'intuition est partagée : tout ce qui vit circule dans un flux commun.
Ce qui distingue le chamanisme des autres approches énergétiques, c'est qu'il ne sépare pas la force vitale humaine de celle du reste du vivant. L'humain n'est pas un être à part qui posséderait sa propre énergie : il participe à une circulation qui le traverse, qui passe aussi à travers les arbres, les pierres, les eaux, les animaux.
Concrètement, cela change la posture du praticien. Un chamane ne soigne pas en mobilisant son énergie personnelle (ce qui mène à l'épuisement). Il ouvre un canal entre la force vitale circulante et la personne accompagnée. Il est intermédiaire, pas source.
